La tradition veut qu'il y ait à Haselbourg un abri immense où les paysans se
réfugiaient lors des différentes invasions, notamment pendant le passage des
Armagnacs en 1444 et pendant celui des Suédois en 1632; ce souterrain avait
une issue près du rocher du Coucou, à 150 m du fort Romain. Une légende s'est
créée à son sujet. La population emportait ses trésors dans cet abri, lors du
passage des Suédois, une seule personne survécut. Les nouveaux arrivants, plus
tard, cherchèrent les trésors dont ils avaient entendu parler. Une femme
prétendit qu'elle avait vu, un dimanche après les vêpres, une dame blanche,
qui lui parut très bonne et qui portait un trousseau de clefs. Cette dame
s'adressa à la femme pour qu'elle lui montre l'entrée du fort. Puis elle sembla
prendre peur et s'enfuit. Depuis elle apparut assez fréquemment et elle
suppliait ceux qu'elle rencontrait de la délivrer. On l'entend pleurer les
nuits de tempête. Personne n'a encore eu le courage de l'aider et de lui montrer
l'entrée du vieux souterrain, ce qui la délivrerait.
D'autres encore, prétendent qu'un couvent se trouvait au sommet de la colline, et que le souterrain qui partait de là, avait une issue près de Saverne, et que les suédois l'auraient détruit. Peu avant l'attaque, des nonnes enfuirent un énorme coffre rempli d'or et d'objets précieux, dans un souterrain, qui avait une issue près du rocher du Coucou à 200 mètres du fort Romain. Depuis leurs âmes errent sur cette butte, la nuit au lieu dit " Höhe " parce qu'aussi longtemps que ce trésor ne sera pas découvert par une personne, les soeurs ne trouveront pas le repos ! De temps en temps, elles apparaîtraient aux gens pour trouver enfin leur délivrance.
Il y a plus de cent ans, une nuit, un jeune homme vit dans un verger une dame vêtue de blanc, elle tenait en main un trousseau de clés et le lui tendit avec insistance. Mais le garçon mort de peur, s'enfuit comme s'il avait le feu aux trousses. La dame blanche se montra à une jeune fille, mais elle aussi refusa les clés et s'enfuit. La dame fondit en larmes et disparue. Quelque année plus tard, la dame blanche offrit à nouveau ses clés à un garçonnet qui gardait des oies dans un verger, pendant la messe dominicale. Mais très effrayé, il prit ses jambes à son cou et laissa la dame une fois de plus seule. Alors, elle pleura amèrement, regarda tristement en direction du village et disparaît.
Un soir de 1966, une jeune femme allait à la rencontre de son mari, qui était parti se promener avec son chien, sur les hauteurs du Fort Romain. En arrivant sur la butte à une cinquantaine de mètre devant elle, elle aperçut une silhouette blanche, ressemblant à une religieuse, qui faisait de grands gestes des mains. Clouée au sol, la jeune femme observa le phénomène pendant quelques secondes, puis prise de peur, elle retourna vite chez elle. Peu après, son époux descendit du Fort Romain avec son chien, prenant le même itinéraire que sa jeune épouse, afin de retourner chez lui. Le jeune homme ne vit absolument rien, mais son chien, se serrait contre ses jambes, ne fit plus un seul pas. Son maître fut obligé de le traîner de toutes ses forces sur une dizaine de mètres. Subitement, le chien se remit à marcher normalement. Lorsque le promeneur arriva à la maison, sa femme lui raconta ce qui lui était arrivé. Il constata que le chien avait refusé de continuer sa route au même endroit que la jeune femme avait eu cette apparition. Chose curieuse, la jeune femme n'était pas originaire de Haselbourg et ignorait tout de cette histoire de la dame blanche avant ce jour.
On raconte qu'une famille d'anabaptistes exploitait jadis une ferme dans le
voisinage de la chapelle St Fridolin. Un jour, elle eut l'idée de récupérer le
baptistère, lourde cuve en pierre , et de le transporter au moyen d'un attelage
de six boeufs, dans la cour de leur ferme, où il devait servir d'abreuvoir aux
bêtes. Ceci fut fait pendant la nuit. Mais quelle ne devait pas être leur
stupéfaction le lendemain matin, de constater que le baptistère avait disparu,
et qu'il avait reprit son ancienne place au milieu de la chapelle. Plus tard, la
même expérience recommença mais malgré les efforts des six boeufs, on ne réussit
pas à faire bouger le baptistère de sa place.
Dans la forêt du Kempel, se trouve la pierre St Martin, qui n'est plus que le reste
d'un ancien menhir. Cette pierre avait la forme d'une table triangulaire, marque
depuis fort longtemps, et encore aujourd hui, les limites entre Haselbourg, Dabo
et l'Alsace. Cette table fut posée en son temps, de sorte que le centre donnait
exactement le point de frontière entre les trois territoires. Ainsi les seigneurs
de ces trois domaines, chassant fréquemment, se retrouvaient autour de cette table
pour festoyer, tout en restant chacun sur ses propres terres.